La semaine passée, j’ai écouté plusieurs chansons de Pierre Lapointe comme Dans la forêt des mal-aimés, Deux par deux rassemblés, Tel un seul homme, Le columbarium, Étoile étiolée…etc. Les paroles m’a touché. Ce sont vraiment poètes…tellement beaux!

Tel un seul homme

Et si je vous disais que même au milieu d’une foule
Chacun, par sa solitude, a le cœur qui s’écroule
Que même inondé par les regards de ceux qui nous aiment
On ne récolte pas toujours les rêves que l’on sème

Déjà quand la vie vient pour habiter
Ces corps aussi petits qu’inanimés
Elle est là telle une déesse gardienne
Attroupant les solitudes par centaines…

Cette mère marie, mère chimère de patrie
Celle qui viendra nous arracher la vie
Celle qui, comme l’enfant, nous tend la main
Pour mieux tordre le cou du destin

Et on pleure, oui on pleure la destinée de l’homme
Sachant combien, même géants, tout petits nous sommes

La main de l’autre emmêlée dans la nôtre
Le bleu du ciel plus bleu que celui des autres
On sait que même le plus fidèle des apôtres
Finira par mourir un jour ou l’autre

Et même amitié pour toujours trouver
Et même après une ou plusieurs portées
Elle est là qui accourt pour nous rappeler
Que si les hommes s’unissent
C’est pour mieux se séparer

Cette mère marie, mère chimère de patrie
Celle qui viendra nous arracher la vie
Celle qui, comme l’enfant, nous tend la main
Pour mieux tordre le cou du destin

Et on pleure, oui on pleure la destinée de l’homme
Sachant combien, même géants, tout petits nous sommes

Car, tel seul un homme, nous avançons
Vers la même lumière, vers la même frontière
Toujours elle viendra nous arracher la vie
Comme si chaque bonheur devait être puni

Et on pleure, oui on pleure la destinée de l’homme
Sachant combien, même géants, tout petits nous sommes

Le Columbarium

J’ai tout léché les vitrines,
Bravant le columbarium
Désormais, jamais plus,
Non rien, ni vent, ni personne
Ne pourra m’empêcher de souffrir en paix,
De lécher les vitrines du columbarium

J’ai dégusté l’églantine ornant le columbarium
Désormais, jamais plus,
Non rien, ni vent, ni personne
Ne pourra m’empêcher de manger par la racine
L’églantine décorant le columbarium

C’est un endroit presque magique,
Qui ravive notre instinct tragique
Tout le monde est d’accord pour dire
Que la mort est chic
Au columbarium

J’ai assemblé toutes les planches
Placées au columbarium
Désormais, jamais plus
Non rien, ni vent, ni personne
Ne pourra m’empêcher de dormir en paix
De sommeiller dans la boîte du columbarium

J’ai exhibé mes péchés sur l’autel du columbarium
Désormais, jamais plus,
Non rien, ni vent, ni personne
Ne pourra m’empêcher de croquer la pomme
D’aller pécher sur l’autel du columbarium

C’est un endroit tellement troublant,
Brillant d’or, de noir et d’argent
Tout le monde est d’accord pour dire qu’il est épatant

Tout le monde est passé pour passer
Tout le monde a brûlé une parole
Tout le monde a pleuré pour pleurer
Au columbarium, au columbarium,
Au columbarium.

Dans la forêt des mal-aimés

À vous mes chers mal-aimés
À vous qui avez rêvé de terres un peu moins brûlées
À vous qui êtes venus jusqu’ici, jusqu’à moi
Cueillir le fruit du regret délaissé
Dans la forêt des mal-aimés

Dans la forêt des mal-aimés
Chaque arbre est un membre oublié
Chaque feuille, une âme délaissée
Dans la forêt des mal-aimés
Comme il fait bon s’y promener

Mais pourquoi donc êtes-vous venus
Dans cette forêt aux coins perdus
Où les murs tapissés de fleurs
Ne font que rappeler le malheur ?
Mais pourquoi donc êtes-vous venus
Dans cette forêt aux coins perdus ?

Venez à pied ou à dos de corneille
Venez vite boire le liquide vermeil
Venez vous saoûler de blanchi sommeil
Ici, c’est sûr, tout ira moins que bien
Si vous osez suivre le chemin

Mais pourquoi donc êtes-vous venus
Dans cette forêt aux coins perdus
Où les murs tapissés de fleurs
Ne font que rappeler le malheur ?
Mais pourquoi donc êtes-vous venus
Dans cette forêt aux coins perdus?

Deux par deux rassemblés

Celui qui était fort hier
Ne sera que poussière demain
Malgré la grandeur des refrains
Et malgré l’arme qu’il a à la main

Tout ce qui monte redescend
Celui qui tombe se relèvera
Si aujourd’hui je pleure dans tes bras
Demain je partirai au combat

Non, ce n’est sûrement pas de briller
Qui nous empêchera de tomber
Non, ce n’est sûrement pas de tomber
Qui nous empêchera de rêver

Ce qui reste à jamais gravé
Dans tout les coeur disloqués
N’est pas objet qui ne pense qu’à briller
Mais plutôt tout geste de vérité

Demain nous donnerons nos armes
En offrande à Notre-Dame
Pour ces quelques pécheurs sans âme
En échange des ornements de nos larmes

Non, ce n’est sûrement pas de briller
Qui nous empêchera de tomber
Non, ce n’est sûrement pas de tomber
Qui nous empêchera de rêver

Même les yeux, le coeur aveuglés
Par l’alcool de sang troublé
Par le frère de l’huître scellée
Bien droit, nous continuerons à marcher

Une fois deux par deux rassemblés
Nous partirons le poing levé
Jamais la peur d’être blessés
N’empêchera nos coeurs de crier

Non, ce n’est sûrement pas de briller
Qui nous empêchera de tomber
Non, ce n’est sûrement pas de tomber
Qui nous empêchera de rêver

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